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Les pigeons « Racouleurs »

:::: Par Catherine Tullat | paru le 04/11/2012

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Une nouvelle race de pigeon est née, le pigeon « Racouleur » plus proche de la famille des rapaces que celle du pigeon voyageur. Il n’est pas porteur de message de liberté, non. Il dégouline sa fiente collante, visqueuse et terrorise tout porteur de costume fait sur mesure.

Le pigeon « Racouleur » n’est pas un animal de compagnie. Il est plutôt incommodant, envahissant. Il marque son territoire de trace jaunâtre facilement détectable. Il a la « roucoule » facile. La vue basse. A part lui-même et ses compatriotes volatiles, son espace se limite au « start-upisé ».

Le pigeon « Racouleur » ne vole pas, non. Il compte et il compte bien se faire entendre.

Son roucoulement est plus strident que ceux des pigeons simplement urbains. Lui, ne fréquente pas les parcs, ni les trottoirs parisiens, non. Il ne picore pas les miettes laissées dans les assiettes aux terrasses des cafés, non.

La plume impeccable, il « cacophone » sur le perron de l’Elysée, face caméra.

A force de pérorer, l’Elysée a reculé, oui. Il a reculé. La fiente a été nettoyée, mais une autre race s’est invitée sur le perron de l’Elysée « les « Vautours » qui se cachent derrière les pigeons « Roucouleurs ».

« Les Vautours » ne roucoulent pas, non. Ils n’empruntent pas le nom de « pigeon Racouleur ». Ils n’oseraient pas, non. Ils ne se font pas pigeonner, ils pigeonnent.  Il faut être à la hauteur, au moins d’un pigeonnier, pour oser réclamer moins d’impôts quand le pays est au bord de l’asphyxie.  Qui pigeonne qui ? Où pigeonne-t-on ? Qui est le pigeon de qui ? Les « Pigeonnades » ne sont pas celles que l’on croit.

Il suffit d’avoir la plume facile, la proie aisée, la hauteur de vol, le calcul élémentaire pour qu’aucun centime d’euro ne soit dépensé, mais spéculé. « Spéculas, Spéculis, Spécularis, Spéculare, Spéculum ».

Les vrais pigeons ne roucoulent pas, non. Ils laissent leur plumage sur le carreau. Les vrais pigeons ne dégoulinent pas leur fiente sur les costumes faits sur mesure, non. Les vrais pigeons « grisaillent » s’appauvrissent, se désagrègent, oui.

Personne ne s’inquiète pour eux ni les pigeons « Racouleurs », ni « les Vautours », trop peur de perdre… Quoi déjà ? leur privilège, leur avantage, leur niche fiscale.

Mais l’autre, celui que l’on croise quand la bourse est close. L’autre, que l’on ne regarde plus, que l’on ne voit même plus. L’autre, n’existe plus, il disparaît dans la brume, dans l’oubli, dans l’indifférence, dans le mépris.

L’autre qui se fait pigeonner en silence, de préférence.

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