Mardi 25 juin 2019 BAT - La revue des écritures théâtrales - Numéro 76 Partager

Exposition en
mai 2015

Nos champs de solitude

image

hautEn savoir plus
...

image
Nos partenaires

L'instant politique...

Le bal tragique à Vienne

:::: Par Catherine Tullat | paru le 03/02/2012

tullat.jpg

Je reviens de Rouen où j’ai partagé avec Jean Pierre Thiercelin, des chercheurs, des étudiants, des maîtres de conférence… (nous développerons plus en détail dans le BAT de Mars), une journée d’étude : Mémoire(s) mise(s) en scène( s). Durant cette journée, nous avons voyagé avec les auteurs de la Grèce antique, d’Espagne, d’Afrique du Sud et d’Autriche. Hasard du calendrier, au même moment Marine Le Pen est invitée par Martin Graf, député FPÖ, idéologue, membre d’Olympia : corporation secrète d’extrême droite interdite aux femmes et aux juifs, à « un bal immonde pour nostalgique du IIIe Reich »- SOS Racisme - au Palais impérial d’Hofburg en Autriche. Chaque année, ce rassemblement a lieu dans l’ancien palais impérial d’Hofburg où se rassemble toute l’extrême droite, autrichienne, allemande...

Cette année, la date choisie pour cette sauterie est tombée tel un couperet. Le 27 janvier. Le 27 janvier est le jour anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz. Cette date est devenue officiellement  en Allemagne (et de plus en plus en Europe et dans le monde), le jour symbole de la mémoire de la déportation et ce 27 janvier 2012 Marine le Pen a valsé à Vienne avec ses camarades de l’extrême droite.

Bel anniversaire de mémoire ! Une  valse viennoise en mémoire des 6 millions de juifs exterminés. Une valse à combien de temps et pour combien de temps ?

Comme réponse à ce bal, la présidente attaquée a répondu :

« … c’est le respect de la part des viennois de la tradition »

Quel respect ! Quelle tradition ? l’extermination, la radicalisation, l’antisémitisme, le négationnisme… J’en passe et des tragiques.

En ce jour du 27 janvier sur la place des héros, non loin du palais d’Hofburg, le Président autrichien et les représentants de la communauté juive commémoraient, eux, l’évènement, la libération d’Auschwitz.

Pour rajouter du sens à ce bal tragique, « pendant le bal,   Heinz Christian Strache, chef du parti FPÖ, explique à des invités, sans savoir que des journalistes traînaient l’oreille, «  le FPO est victime d’attaque comparable à la nuit de cristal, nous sommes les nouveaux  juifs ».

Ce monsieur a eu l’indécence, non, le mot n’est pas assez fort. La vulgarité, pas appropriée. La bêtise, trop excusable, a eu…. » y-a-t-il un mot pour exprimer un tel…

Je n’ai pas assez de larmes pour exprimer ce que je ressens.

Tandis que 9 chaînes se mobilisent pour l’intervention de notre président candidat ou candidat président, pour un discours rempli de fausses notes, orchestré par des journalistes « toutous » fidèles à leur maître, « Sarko-belleauboisdormant » après avoir dormi pendant 5 ans, s’est enfin réveillé pour s’apercevoir que le peuple souffre, que les usines ont quitté la France et que l’Allemagne, Ah ! l’Allemagne ! Exemple parmi les exemples… Encore un coup du prince charmant Angela qui, d’un baiser, l’a remis sur pied.

Et le bal tragique ? Passé à la trappe. Quelques articles, dans Médiapart, le monde, libé et peut-être d’autres, mais les  médias, les télés, où étaient-ils ? Un bal viennois au XXIe siècle avec des femmes en robe blanche, ça se filme, ça se met en boîte. Un parterre d’extrême droite, ça se cadre, ça se montre. Quel est le sens de ce silence profond ? Le manque de mot ! Faire comme si… Rien… Rien ne s’est passé. Un parti qui n’étonne plus, mais moi, il m’étonne encore, car danser sur la mémoire de 6 millions de juifs le jour … Parce que si c’était à refaire… La bête n’est pas morte, elle se reproduit.

Crier pour ne pas oublier. Crier pour que ça ne recommence pas. Crier plus fort qu’eux et que jamais ne revienne le temps…

La Hongrie s’installe dans un état de non-droit et là aussi on se tait.

Non, ce ne sont pas des pauvres d’esprits, ils savent bien ce qu’ils font et ce qu’ils veulent : le pouvoir.  Aussi bien en Autriche où ils affichent 28% d’intention de vote, qu’en France où ils flirtent avec 30%.

Tout ce cirque se fait en pleine lumière, à Vienne dans un palais et non dans des caves remplies de rats, mais les rats aiment la compagnie des hommes.

haut Réagissez à cette contribution...

hautHaut de page

 

Mentions légales

©Le Billet des Auteurs de Théâtre 2011

Le collectif

Contact

Revue réalisée avec le concours du
Centre national du Livre