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Tuer Phèdre

:::: Par Catherine Tullat | paru le 01/04/2014

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Alberto Lombardo a interprété, d’une manière magistrale, Phèdre dans la pièce « Racine par la Racine » de Serge Bourhis. Il interprète actuellement, un metteur en scène qui cherche à monter « Phèdre » dans sa nouvelle pièce « Tuer Phèdre »

Deux Phèdre en un. « Tuer Phèdre » N’est-elle pas une revisitation de cette héroïne tragique, une continuité de son interprétation ?

Après l’incarnation par les vers de Racine,  il décortique à son tour l’émotion que procure ce personnage, il fouille le caractère de cette femme mythique. Le metteur en scène, dans la pièce, recherche l’interprète idéal pour monter la pièce de Racine seul avec lui. A travers cette recherche, n’est-ce pas une vision obsessionnelle et absolue de la perfection pour se rapprocher au plus près de la tragédie ?

La pièce commence par une surprise. Le metteur en scène lit des extraits de la pièce de Racine. Il est dans la pénombre quand surgit un jeune homme.  Une apparition, un fantôme du passé, une Phèdre contemporaine comme appelée par les mots qui viennent d’être prononcés. Ce jeune homme est comédien, il admire ce metteur en scène et vient pour auditionner. Un jeu amoureux s’installe dans une sensualité réfrénée. Le metteur en scène manipule ce jeune homme, mais qui manipule l’autre au final ?

Les émotions ici n’ont pas de sexe. Pourquoi un homme ne pourrait-il jouer Phèdre ? N’est-ce pas une question que l’auteur s’est posé durant toute sa jeunesse jusqu’à repousser ces barrières, en l’interprétant.

« Tuer Phèdre » bouscule les tabous, donne toute la dimension à cette perfection tant recherchée. L’auteur déjoue les rôles et démonte le sens.

Au fur et à mesure de l’avancée de la pièce, la confrontation - metteur en scène-élève - disparaît. Le rapport - maître à élève - s’éloigne des clichés pour laisser la place à une intrigue proche du polar, à un thriller psychologique. Une inquiétude s’installe. Qui est ce jeune homme qui fait perdre pied au metteur en scène qui se croyait bien installé sur son socle, protégé derrière le théâtre antique ?

Pendant 1h15, l’inquiétude monte par strate. Un suspens déstabilise. Les repères volent en éclat.  L’amour, la mort, le sexe, ne font plus qu’un. La tragédie revêt les vêtements du polar.

L’interprétation est excellente. La mise en scène, sous le regard aiguisé de Marine Martin-Ehlinger, est sobre, efficace, toute en douceur et en sensualité, sans effet, mais rigoureuse. Les deux comédiens, Alberto Lombardo et Maxime Fabia forment un duo décapant non sans humour. L’écriture d’Alberto Lombardo, comme à chaque fois, nous surprend, nous embarque dans les méandres du désir où le masculin féminin ne se distingue pas plus que ça. Elle Laisse la place à la découverte de l’amour non sans manipulation, jusqu’à la destruction.

Ne manquez pas « Tuer Phèdre » tous les jeudis et vendredis à 19H30 jusqu’au 31 mai à La Folie Théâtre, 6 rue de la Folie Méricourt – 75011 Paris.

 

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