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Méfi !

:::: Par Philippe Crubézy | paru le 11/10/2011

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« Le bonheur ce n’est pas grand-chose

C’est du chagrin qui se repose

Il ne faut pas le réveiller »

Ferré a chanté les paroles, les bleus ont joué la partition.

Le bonheur, le mien et celui de quelques autres, c’est de fesser l’Anglais en Ovalie (à ce propos n’hésitez pas à lire le compte rendu, avec l’accent, du match de ce samedi 8 octobre par Philippe Touzet, vous comprendrez tout). Pourtant, méfi ! Ecoutons encore le poète et gare au chagrin assoupi ! Si nos quinze jeunes gens ne veulent pas qu’il se réveille, rouge de honte, pégueux de Guinness dans les bras du Gallois ébouriffé, il faudra qu’ils ne s’endorment pas comme à l’accoutumée sur leurs lauriers fussent-ils roses et chipés à Albion.

Mais laissons les spécialistes supputer le pourquoi du comment, le pourcentage de chance, les tenants et les aboutissants, l’équipe idéale, la stratégie, la psychologie et le poids des mauvaises habitudes, la fatalité, le zig, le zag, le french flair et la grinta...

Concentrons-nous sur ce que nous allons voir dans le poste.

Devant nos yeux d’enfants, la couleur. Toujours la couleur.

Il n’y en a plus que quatre à débattre sur le vert du pré entre les lignes blanches. Noir, jaune, rouge, bleu. Aux arguments si différents.

Au noir, la férocité, l’Enfer, l’Ogre, Zeus, Chronos qui dévore ses enfants, la référence éternelle.

Au jaune, l’organisation, l’échiquier, la modernité, la ténacité, le culte de la performance.

Au rouge, la jeunesse, l’insolence et la tradition, le feu, la foudre, l’impensé radical.

Au bleu, l’espoir perpétué, la destinée, le fantasme, l’invention, l’irrationnel comme système.

Il reste trois matchs, trois fois une main invisible jettera les dés sur la piste, les couleurs sur la palette. Qui remportera la mise, qui peindra la Sainte Victoire ? Peu importe, au fond.

Peu importe puisque danseront et se mélangeront sans se perdre les couleurs, s’interrompront les courses suicidaires avant de repartir, magiques et cruelles, violer la Terre Promise. La coupe sera pleine d’un sang noir, jaune, rouge ou bleu et les enfants auront vu des danseuses de cent kilos s’élever toujours plus haut pour voler le cuir et des funambules à huit jambes venir plonger du bout du monde entre deux pagelles blanches.

Tout aura été futile, indispensable et à refaire.

Il y aura des larmes ou des étoiles dans leurs yeux, ovales et aux rebonds fantasques.

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