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« Embrasse-moi sur les lèvres », ou comment l’intime mène le monde

:::: Par Nicole Sigal | paru le 07/06/2012

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Je l’aime bien François, en plus d’être normal il est simple. A l’école j’étais amoureuse d’un simple, que l’on dit parfois simplet par jalousie. Essayez donc d’être simple, vous verrez il n’y a rien de plus difficile, alors parfois on dérape jusqu’à simplet. Juste une lettre en plus, on va pas en faire un fromage de Corrèze.

Pour en revenir à François, on ne sait même pas où il couche : à L’Elysée ? Ou chez Valérie qui fait des lessives le dimanche. Pendant le programme long il peut ainsi rêver, ce sont ses seules minutes à lui : 90° blanc avec prélavage. A quoi rêve-t-on quand on est au sommet ? A sa mère adorée bien sûr. Quelquefois Ségolène fait irruption en plein prélavage, dans le rôle de la mauvaise mère, la sorcière trop libre, trop indépendante qui l’a dépassé un temps, au temps où il était le mari de la candidate à la présidentielle. Aïe ! On l’a même traité de mou, mou de quoi au fait ? Ségolène, il l’aimait mère de quatre enfants faisant tourner la machine à laver à plein régime, mais quand elle le dépasse en future présidente, ouille, y a un problème dans le couple. Il file chez Valérie qui elle, lui lave son linge, elle le dit : « je suis la femme d’un politique, pas une femme politique. Ouf, François retrouve sa virilité, le programme long de Valérie ne le fait pas débander. Elle s’habille en noir et blanc, impossible de se tromper dans les couleurs, tandis que la Ségo avec son bleu Virgin, elle vous trouble un bataillon d’anges.

Bref, le président on l’imagine bien sortir la housse de couette emmêlée, par le hublot de la machine ventrale, cordon ombilical étranglant tout à coup ses pensées présidentielles, il se dit Je lave pour qui ? Mais c’est un bref passage à vide entre 2 programmes. Valérie le rappelle à l’ordre : « Viens étendre le linge chéri », et l’on se retrouve dans « Une journée particulière », sur une terrasse romaine avec Sophia Loren et Marcello Mastroianni : les draps claquent au vent, on se cherche, on se désire ; et les français, ils désirent quoi se dit le président en tendant amoureusement sa pince à Valérie ? Programme court ou programme long ? Enfin on parle de désir et non de pognon. Valérie ne lui a-t-elle pas susurré le soir de l’investiture : « embrasse-moi sur les lèvres », afin de marquer à tout jamais son territoire sur la photo, face à Ségo la dangereuse ex. toujours dans les parages avec son sourire de madone.

Il ne me déçoit pas François, je me suis retrouvée dans le train à côté de lui, il avait une Prem’s à 22euros comme moi, on a parlé programmes. Il est resté très pudique quant à la lutte finale, mais une chose est sûre, il souhaite mettre fin à l’essorage final.

Sur la photo officielle, avec un petit air de paysan corrézien il nous montre ses mains comme pour nous dire je ramasse aussi les pommes de terre en plus de sortir la lessive. Rien dans les mains rien dans les poches, un président honnête.

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