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L'exercice du pouvoir

:::: Par Catherine Tullat | paru le 17/10/2011

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En regardant le dernier débat des primaires socialistes, j’ai fait une association d’idée. La veille, j’assistais, grâce au coup de cœur de la SACD, à la projection du film de Pierre Schoeller « L’Exercice de l’Etat » qui sort le 26 octobre et qui est magistral. Le pouvoir est au cœur du film. Le pouvoir était au cœur du débat. Martine Aubry et François Hollande ne sont pas concurrents, du moins dans leurs idées, ils défendent relativement la même chapelle, mais concurrents pour exercer le pouvoir, oui. « Illusion comique », « Illusion tragique » face à ce débat consensuel. Illusion d’une entente tacite pour donner une hauteur au parti socialiste. Tous pour un, un pour tous. Et soyons fous, qu’importe le gagnant. Il y aura toujours des petits arrangements, des compensations pour ne pas froisser, pour ne pas se désunir. Sans oublier les petites phrases assassines pour marquer une différence, mais quelle différence ? S’il y a un point commun entre nos deux finalistes c’est bien d’obtenir le pouvoir. L’exercice du pouvoir est en marche. Réflexion intense sur l’influence du pouvoir sur un individu. Dans « l’Exercice de l’Etat » Olivier Gourmet interprète avec talent un ministre des transports. Il a des convictions qu’il veut partager et mettre en pratique. Il ose faire des déclarations qui ne plaisent pas à tout le monde surtout à ceux qui ont d’autres projets. Ses convictions sont fragiles, surtout face aux entreprises du Cac 40 qui absorbent tout sur leur passage et surtout les convictions. Quel rôle a la politique face au Cac 40, aucun ou si peu. Face à Olivier Gourmet, Michel Blanc interprète son directeur de cabinet. Il a des valeurs plus que des convictions et le CAC 40 ne le déstabilise pas. Il sait qu’il ne peut pas lutter, alors il démissionne. Il semble que le pouvoir glisse sur lui et qu’il préfère le quitter plutôt que d’être complice de compromission. Il est désabusé tout en gardant une analyse acérée sur ce jeu politique qui tue à petit feu les relations humaines et l’individu avec. Les mensonges, l’arrogance, le cynisme, éloignent l’humain de sa substance moelle. Un autre versant du film traite le lien entre les hommes politiques et le peuple. Factice, illusion. Un chauffeur intérimaire remplace le chauffeur en place. Un homme de l’ombre qui préfère se taire, il a trop de chose à dire. Un homme de l’ombre qui exécute son travail, qui transgresse l’interdit en invitant le ministre chez lui pour lui épargner sa solitude. L’homme de l’ombre ne reste qu’une ombre jusqu’à disparaître comme une ombre. Une culpabilité cynique honore cet homme qui s’est tu, mais la femme de l’homme de l’ombre refuse le discours du Ministre, responsable de sa mort. Il le chuchote, il ne peut pas s’en empêcher. Moment d’égarement, moment d’épanchement. Un nouveau ministère, travail et emploi, sauve ses convictions de la compromission. Son directeur de cabinet a bien fait de donner sa démission, il est viré. Du sang neuf pour gouverner la France. Nous y voilà. Hollande ou Sarkozy. Rendez vous au mois de Mai.

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