Dimanche 26 mai 2019 BAT - La revue des écritures théâtrales - Numéro 76 Partager

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1977

:::: Par Philippe Touzet | paru le 19/10/2011

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Skrela, Rives, Fouroux…L’équipe de France de rugby du Grand Chelem 1977…Les quinze mêmes joueurs qui jouèrent tous les matchs du Tournoi des cinq nations. Romeu, Averous, Aguirre…Cette équipe symbolise le rugby à mes yeux. Quinze hommes soudés les uns aux autres. Des crachats de Twickenham à la chevauchée fantastique de Bastiat à travers les plaines de Lansdowne Road, ce fut une merveilleuse épopée sportive. Cette équipe-là avait une âme… Et puis, j’étais gamin… Avec ma mère, je soufflais devant le poste de télévision quand le buteur anglais s’apprêtait à tirer  une pénalité…  «Je critique pas le côté farce mais question fair-play, ça se pose là» aurait dit Michel Audiard.

Bertranne, Paco, Palmié…

J’ai commencé à jouer au rugby à l’âge de six ans. Le ballon devait m’arriver au niveau du genou… J’ai arrêté à l’âge de vingt ans après une opération au pied et de sérieux problèmes à la colonne vertébrale… C’était la joyeuse époque où on avait encore le droit de jouer à terre, et quand on était plaqué de recevoir une bonne douzaine de gaillards sur le dos ! L’ambiance des vestiaires, l’huile, l’odeur de l’algipan, le cliquetis des crampons sur le ciment… La clameur du stade, la première balle, le premier contact… Au fond, le rugby c’est un ami d’enfance, et contre ça, on ne peut pas grand-chose.

Un match de rugby, c’est la messe. Même encore maintenant, devant ma télé, je me lève, je m’assois, je me lève, je m’assois…Comme à l’église.

Pour clore ce court papier sentimentalo-rugbystique, je vais vous confier quelques perles, petites phrases bien senties qui alimentent les discussions des passionnés de l’Ovalie. Elles sont toutes vraies de vraies et elle fleure bon le Sud-Ouest !  

Allez, on y va !

- Putain, les mecs, si j’ai des demis, c’est pas pour que les trois-quarts fassent les choses à moitié !

- Les gars, attention à celui-là, il réfléchit avec les bras !

- Les gars, on n’est pas venu jusqu’ici déguisés en feuilles de chou pour se faire brouter le cul par des lapins !

- Isole-toi si tu veux mais jamais seul !

-En face, c’est que des cons, alors au premier regroupement, il faut qu’ils discutent avec les taupes !

- Bon, les gars, on joue chez nous, alors d’entrée, je veux qu’on joue chez eux !

- Quand tu relances, tu vas pas vers l’extérieur ! Plus tu t’isoles, plus tu es seul. Et à la fin, tu es dehors !

- Aujourd’hui, on va jouer simple ! Les avants devant, les arrières derrière !

- Putain, les gros, je comprends rien ! Touche pour nous sur leur 22 mètres, on fait une cocotte sur trente mètres et on s’écroule à cinq mètres !

- D’accord, on mène…Mais faut garder les pieds sur la tête !

- Y a plus de trois-quarts que d’avants dans les regroupements ! C’est plus du rugby ! C’est le Bolchoï en plein air !

Et à tout seigneur, tout honneur…

«Heureusement qu’il y avait mon nez sinon je l’aurais pris dans la gueule ! »

Walter Spanghero

Harize, Sangalli, Imbernon, Paparemborde, Cholley…

 

Philippe Touzet

 

 

 

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