Lundi 1er mai 2017 BAT - La revue des écritures théâtrales - Numéro 76 Partager

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France Galles

:::: Par Philippe Crubézy | paru le 12/02/2013

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Bon ! Y a pas, y a plus à tortiller du crampon, faut que j’écrive quelque chose sur.

Sur quoi ? Sur la douleur, Marguerite ? Sur l’espérance toujours enfuie, Johann ? Sur ma jeunesse décidemment bien loin, Victor ?

Non. Sur l’agonie, la désillusion, le renoncement, l’imbécilité d’un quinze délavé.

Pourtant, en hiver à la télé, l’après-midi promet toujours de raser gratis sur le pré toujours vert. Pourtant, la gonfle est toujours ovale et les pagelles défient toujours le ciel incertain des frimas. Pourtant, ils sont pareillement quinze de chaque côté et le gallois porte toujours la honte de l’adversaire au rouge de son maillot.

Et le coq a toujours les pieds dans la merde pourtant, lui, qui pensait arracher la culotte de la Queen avec les dents et qui, à l’heure de jeu ne chante plus.

Alors il court, il court, il court encore mais de moins en moins vite et le gallinacé géniteur devient poulet sans tête qui rebondit comme une balle de ping pong sur le fringant Halfpenny.

Demis pénis, oui ! Petites bites ! Y a plus à tortiller du crampon, je dis.

L’analyse juste c’est celle de Villepreux (dans Villepreux, il y a preu !). On ne peut pas se contenter de l’affrontement direct, de la théorie des décathloniens, des mauls, des petits tas suivis du petit coup de pied imbécile parce que désespéré, parce que mort au champ de l’imagination.

L’imagination ! L’imagination contre les statisques.

Au rugby, on ne se rappelle finalement que du sublime évitement, du geste zébulon, de la course venue de nulle part.

Un coup dans le zig, un coup dans le zag. A gauche ? Non, à droite. Adroits, aussi. Et à toi, à moi.

Au rugby, on ne souvient que des solutions.

La solution de l’essai de Blanco en demi finale de la Coupe du Monde 87 contre l’Australie de Campese (y avait pas St André au départ de l’action ? Ou alors c’était pour l’essai du siècle, celui de la contre attaque depuis les 22 contre l’Angleterre ? Je mélange, c’est ça qui est bon), la solution du ballon chipé au rebond par Dominici contre les Blacks en 97, la solution d’une chistera d’Imanol, d’un cadrage débord de Lagisquet ou de Codorniou, prince des princes au Parc.

La solution, c’est la majesté. La solution, c’est la poésie.

Marianne disait « Qu’est-ce que je peux faire, j’sais pas quoi faire » mais Anna Karina était belle, Bébel jeune et Coutard faisait la photo.

Aujourd’hui Marianne a mal à son ovale, Michalak tape les coups d’envoi directement en touche pendant que Machenaud gare son brushing, pendant que les ¾ ne savent plus jouer les surnombres.

La photo n’est pas belle, la photo n’est même pas floue mais la FFR a trouvé son architecte pour le prochain stade, ouf !

Et, comme toujours on attend l’anglais comme une ardoise magique.

Pourtant j’ai bien peur qu’à Twickenham, le 23 à 18 heures, entre chien et loup, dog & wolf, entre deux crachins, quinze roses et trente crampons perfides et déterminés, l’inventeur du Télécran ne meure une deuxième fois.

D’une overdose de rosbeef.

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