Mercredi 22 mai 2019 BAT - La revue des écritures théâtrales - Numéro 76 Partager

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Quand la nuit tombe

:::: Par Philippe Crubézy | paru le 25/10/2011

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Voilà, c’est fini.

Le ballon est toujours ovale, les Noirs sont toujours les meilleurs et le coq, une fois de plus, a su nettoyer son tas de fumier et faire honneur à l’invitation.

Les Bleus, un jour pauvres comme Job, le lendemain, plus riches que Crésus. Les Bleus entre le temps des cerises et le mur des fusillés. Les Bleus entre la légende des siècles et l’aboli bibelot d’inanité sonore. Les Bleus qui s’habillent de blanc et obligent les Noirs à jouer comme les Verts, par petits tas, petites temporisations musclées en attendant la délivrance.

Ce qui devait être une autoroute vers le sacre a failli tourner en chemin de croix vers l’Enfer. Bravo aux vainqueurs, malheur aux vaincus !

Restent la déception mâtinée de fierté et quelques questions au Comptoir de l’ovale et du rebond réunis…

Et si Parra n’était pas sorti ?

Et si Trinh-Duc avait échapper à la cuillère de Weepu ?

Pourquoi Yachvili n’a-t-il pas tenté la pénalité à la place de Trinh-Duc ?

Et si Clerc n’était pas sorti ?

Pourquoi les Noirs pas ou si peu sanctionnés dans les regroupements du côté de chez eux ?

Avec une telle domination de sa troisième ligne, pourquoi l’attaque française n’a-t-elle pas réussie à aller à dame une deuxième fois ?

Et si ma tante en avait, serait-elle pour autant mon oncle ?

Et le french flair ?

J’vais t’dire, Emile : le french flair est mort avec De Gaulle. De Gaulle qui avait un gros pif et des étoiles sur le képi, qui mettait des mandales à cinq pétales en loucedé dans la mêlée politique et exhibait ses chevau-légers sur la scène internationale rien que pour emmerder les américains et les anglais. Le french flair est mort avec l’exception française, cette donnée floue et fantasmatique que le libéralisme, de gauche comme de droite, ensevelit un peu plus tous les jours depuis les années quatre-vingt. Le french flair est mort avec la professionnalisation.

Le french flair est mort le jour de la retraite sportive de Blanco.

C’est une comète à jamais enfuie mais dont j’espère le retour, nez au ciel, dans la nuit tombée sur l’Eden Park d’Auckland.

 24 oct. 11

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