Mardi 25 juin 2019 BAT - La revue des écritures théâtrales - Numéro 76 Partager

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Un Pierre Notte à deux temps

:::: Par Gilles Costaz | paru le 01/01/2013

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  Après la période de collaboration avec de grands acteurs (Christine Murillo, Catherine Salviat, Judith Magre, Raphaël), Pierre Notte revient à sa petite structure, à sa modeste compagnie appelée Les gens qui tombent. Il s’installe dans la petite salle Topor du Rond-Point, après avoir œuvré au Prisme de Saint-Quentin-en-Yvelines où nous avons pu voir les avant-premières (et où il avait, par ailleurs, monté une pièce à 99 personnages pour les jeunes de l’agglomération de communes ! ) Il n’opère pas tout à fait un retour au cabaret, genre qu’il affectionne tant, mais à un théâtre « avec chansonnettes », comme il dit. Ce n’est pas une pièce qu’il propose au Rond-Point, mais deux, Sortir de sa mère et La chair des tristes culs, dont il a assuré la mise en scène et où il joue, pianote et chante, non pas en homme-orchestre, mais plutôt en démiurge invisible qui prend part à la fête comme malgré lui, sourire en coin.

  Les titres ne respirent pas le bon goût ou le goût bourgeois. Ils provoquent, ils s’amusent, ils amusent. Dans la première pièce, deux enfants apprennent la vie à l’occasion de la mort de leur père et en se chargeant d’une mère qui a perdu la tête. Comment « sortir de sa mère » ? Ils y parviennent dans la douleur et le bonheur. C’est une histoire éclatée, qui se met en place en lignes et en saynètes brisées. Dans la seconde œuvre, la trame est plus tendue, à la fois plus romanesque et plus mythologique. Un jeune homme loue une chambre pour mettre fin à ses jours ; son hôtesse qui tient une crêperie va réconcilier les fantômes qui tournent autour d’eux et rendre la joie de vivre au désespéré. Dans ses crêpes elle aura mis un peu de la chair des fesses du jeune inconnu. Ce seront des « crêpes au goût d’humanité »…

  Il y a là du café-concert déjanté, du grand-guignol parodié, de la blague annoblie. Mais la facétie danse avec la tragédie des souffrances les plus intimes. C’est un bal-musette saignant et réconfortant. Tiphaine Gentilleau, Brice Hillairet et Chloé Olivères prennent le pas sur Notte (leur partenaire-metteur en scène qui s’efface si volontiers en filigrane) avec une forte vérité inspirée des faits divers mais où se mêlent le premier et le second degré. L’air de rien, en glissant sur les mots et sur les erreurs de la vie comme on glisse et se rattrape sur la glace, Pierre Notte déploie un univers, une écriture qui renouvellent nos sensations d’êtres vivants.

 

Sortir de sa mère (18 h 30), La Chair des tristes culs (21 h). Théâtre du Rond-Point, tél. : 01 44 95 98 21, 8 janvier – 9 février. Textes à l’Avant-Scène Théâtre, collection Quatre-Vents (avec des préfaces d’Arrabal et Jean-Michel Ribes).

 

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