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Quelque chose de Tennessee

:::: Par Gilles Costaz | paru le 01/11/2012

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  Régulièrement, Tennessee Williams revient sur le tapis de nos théâtres. C’est un bon vieux moderne. Il a tellement trouvé de choses du côté du refoulé (et du défoulé) qu’on peut lui pardonner certains lourdes architectures romanesques. Cette saison, le théâtre de l’Atelier présente La Rose tatouée dans une traduction de Daniel Loayza et une mise en scène de Benoît Lavigne. Deux comédiens, Cristiana Reali et Rasha Bukvic (une révélation que ce Serbe plus connu au cinéma et jouant en français), portent la pièce à la bonne ébullition. Mais il ne s’agit pas ici de faire de la critique. Plutôt de répondre à certaines lèvres pincées qui n’aiment pas ce Tennessee Williams-là ou jugent que cette comédie – peu souvent montée, peu connue - est suspecte, puisque l’auteur n’y brosse pas son habituel tableau du mal-être et du mal-aimer. Ce texte sent le bonheur, c’est fort louche !

  N’en déplaise aux tenants du malheur comme unique fondement de l’ écriture moderne, l’allégresse a sa place chez nos auteurs les plus blessés par les malheurs de la vie et du monde. La Rose tatouée a quelque chose d’une comédie goldonienne. Une veuve drapée dans son amour pour un mari idolâtré (mais pas si exemplaire qu’elle le croit dans la légende qu’elle fabrique après coup) brise ses défenses et ses préjugés quand un autre homme, un autre modeste camionneur, entre dans sa vie. Ils s’aimeront et auront-ils beaucoup d’ enfants ? On ne le saura pas !

  D’où vient tant de légèreté et d’optimisme chez l’auteur d’Un tramway nommé désir ? De la fréquentation des Américains d’origine sicilienne. D’ailleurs, l’ami de Tennessee Williams, celui qui partagea sa vie, avait ces gênes-là. Comme on peut le voir dans l’édition de la nouvelle traduction de la pièce, l’écrivain a dédicacé cette œuvre à cet ami, Franck et à la Sicile. Dédier une pièce américaine à la Sicile, ou c’est un hommage à la mafia, ou c’est un geste de bonheur. La deuxième raison est, évidemment, la bonne. Il ne faut pas avoir peur du bonheur, même en nos temps d’apocalypse.

 

Spectacle au théâtre de l’Atelier, Paris.
Traduction de Daniel Loayza aux éditions Théâtrales.

 

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