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« Onstap»... Et on aime ça !

:::: Par Corinne Klomp | paru le 26/04/2012

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Mourad Bouhlali et Hassan Razak se rencontrent à l’âge de neuf et treize ans dans un atelier théâtre d’Avignon, leur cité natale. Leur complicité immédiate se nourrit d’un engouement partagé pour les planches (« Parce que c’est là et pas ailleurs qu’on respire à plein tube ! ») même s’ils doivent batailler voire mentir pour assouvir une passion que leurs proches jugent issue « d’une autre planète style Mars, Jupiter ou même Pluton. »

Des années plus tard, ils créent avec six autres Avignonnais la compagnie Onstap, dont Hassan est aujourd’hui le directeur artistique. Leur spécialité ? Le « step », en français les percussions corporelles. Cet art de considérer et d’utiliser son corps comme un instrument de musique est né en Afrique. « On a commencé le rythme par la percussion africaine », précise Mourad avec humour sur une vidéo du site de la compagnie. « Mais on a très vite laissé tomber les peaux de chèvres en voyant ce qu’on pouvait faire avec des peaux d’hommes. » En effet, ce qu’ils parviennent à créer avec cette peau-là est impressionnant. Leurs pieds, en frappant le sol, jouent le rôle des basses, leurs mains celui des caisses claires tandis que les autres parties de leur corps constituent les variantes et servent à moduler les sons entre les médiums et les aigus.

J’entends d’ici les sceptiques et autres gardiens du bon goût musical ironiser sur le fait que cette discipline ne saurait ressembler de près ou de loin à de la « Musique », et que son seul intérêt réside sans doute dans le fait de réchauffer, les jours de grand froid, celui ou celle qui s’y adonne. Ils se trompent, du moins sur le premier point. J’ai eu l’occasion d’assister il y a peu à la Nouvelle Eve à Paris à une démonstration de step orchestrée par ces compères, en première partie du réjouissant spectacle des Sea Girls. Eh bien j’ai été bluffée, emballée, le public aussi. Non seulement Hassan et Mourad produisent de la musique, mais ils vont au-delà, mêlant des textes engagés, poétiques et drôles – quel épatant tiercé ! – aux rythmes qui prennent vie grâce à leur corps.

Cerise sur le gâteau, ou grain de beauté sur la peau, ils animent aussi des ateliers pour initier les béotiens aux percussions corporelles. Les prochaines séances auront lieu à Avignon place du Petit Palais du 14 au 18 juin à 19h, et aussi pendant le festival, du 12 au 16 juillet à 19h sur l’île de la Barthelasse, allée Antoine Pinay. Une bonne façon de mettre enfin d’accord les partisans du In et du Off, et de les réunir autour d’une activité qui exploite pour le meilleur leurs harmonies comme leurs dissonances. Avec le step en effet, non seulement on écoute son corps, au sens propre, mais on tend aussi l’oreille à celui des autres, on s’ouvre les pores et les neurones. Et puis, une fois entraînés, les festivaliers n’auront plus une seule excuse de ne pas participer au Flash Mob (rassemblement d’un groupe de personnes dans un lieu public pour y effectuer des actions convenues d’avance, avant de se disperser rapidement) de Step que les deux hommes vont organiser le 17 juilllet à 19h, « quelque part dans Avignon ».

On n’a donc pas fini d’entendre résonner les créations de la compagnie Onstap, qui compte déjà quatre spectacles à son actif. Leur avant-dernier s’intitule : « Parce qu’on va pas lâcher ». Dans cette période saumâtre de l’entre-deux tours, voilà une déclaration qui claque comme une réjouissante devise citoyenne.

Cie Onstap : www.onstap.com

 

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