Dimanche 26 mai 2019 BAT - La revue des écritures théâtrales - Numéro 76 Partager

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L'exposition "L'aventure des Stein" au Grand Palais

:::: Par Henri Gruvman | paru le 30/12/2011

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C'est le regardeur qui fait le tableau
(Marcel Duchamp)

Magnifique exposition qui présente notamment des œuvres de Matisse, de Picasso, de Cézanne...

En passant devant certains tableaux, une envie d'écrire sur le vif m'a saisi. Je me suis essayé à une transposition des sensations ressenties. Le stylo a couru et voilà ce que ça donne.

Allez voir cette exposition, si ce n'est déjà fait.

 

SCÈNE DE BAL par MANET
Une mariée toute en transparence est amoureuse de la lumière. Elle scintille de suggestion et comme abstraite du monde dans un au-delà de la forme, elle est en conversation assidue avec son désir, dans un mélange de feu et de neige.

 LA SIESTE par BONNARD
Ah! Être le drap qui reçoit ton abandon au sommeil. Accompagner ta rêverie aux bras de ouate dans l'alanguissement . Ton pied sur ton mollet titille mon sexe et les coussins de ma peau reçoivent la douceur de la tienne, de peau. Ta chevelure et tes fesses s'offrent à mes plissements.

NU BLEU de MATISSE
Le corps -cri  s'éprend du mouvement et communique aux particules l'électricité de l'éclat -explosion d'un bleu caressant.

PIEREUSES AU BAR de PICASSO
De dos le bleu s'accoude au bar et dialogue avec le mur. Comme intermédiaire, un verre réceptacle de lumière et de désarroi flamboie.

LA FEMME COUCHÉE de MANGUIN
J'étreins, j'absorbe, je nage, j'enlace, j'entrecroise, je m'abandonne, je me baigne dans ma couleur. Je  dors accouchée par le bleu et l’ocre, et drapée dans le blanc, je capture les regards.

LA GITANE  de MATISSE
Ce que tu dis, je le dis avec le tourbillon de mes ris. Et mes mots, et ma mythologie, palpitent et ouvrent l'espace illimité de mon errance chatoyante et aventureuse.

LA FEMME AU CHAPEAU de MATISSE
Tu me regardes. Qui es-tu ? Peux-tu seulement imaginer ma folie ? Pauses et ouvertures, délices de ma poitrine avancée à l'orée de tes mains, qui refuse la caresse. Il y a surtout l'élan fantasque de ma coiffe-chapelle où viennent prier les timides ardeurs de mes soupirants ternes et gris, débordant le cadre limité des conventions. Moi née de l'arc parfait de mes sourcils noirs.

LA JAPONAISE AU BORD DE L'EAU
Je me reflète, comme personne, je me mire comme personne. Mes pieds minéraux, mon corps végétal, ma pensée –kimono déplient ses volutes, ses arrondis et rencontrent le flot continu d'un monde caressant et changeant.

BORD DE MER de MATISSE
Perfection de la dimension juste, je suis la mer lécheuse, agitée par la pensée joueuse de regards et de contemplations. La roche s'accouple à mes mouvements d 'humeur.

CANAL DU MIDI de MATISSE
J'avance dans les eaux apaisées, amies du mouvement et de l'effleurement. Je nage dans la clarté estivale des reflets, sous un ciel en démangeaison de roulis et de métamorphoses.

LA CHOCOLATIÈRE de MATISSE
Elle réveille minutieusement l'éternité. Assoiffée de reflets, bien posée sur ses trois pieds, elle m'invite à l’imiter.

GERTRUDE STEIN par PICASSO
Fermée. Décidée/. Attentive. Recueillie. Acérée. Coupante. Incisive. Compacte. À mi-chemin. Entre soi et l'autre. Dans un dialogue possible et impossible.

 Photo de Gertrude Stein par MAN RAY
Le portrait de G. S par Picasso regarde la vraie G.S. prise par le photographe Man Ray. Qui est la vraie ?

 

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