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L'enclos d'Armand Gatti

:::: Par Adolphe Nysenholc | paru le 15/12/2011

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L’enclos d’Armand Gatti, qui eut le Prix de la critique à Cannes en 1961, existe à présent en DVD.

C’est le film d’un homme de théâtre. Il n’est assurément pas le seul réalisateur de cinéma à pratiquer le spectacle vivant. Ingmar Bergman dirigeait parfois l’hiver sur scène une de ses pièces dont il filmait une adaptation l’été en studio. Visconti mettait en scène des opéras du répertoire classique à la Scala. Les Marx Brothers avaient fait la tournée des music-hall avec un spectacle semi-improvisé, avant d’être engagés à le produire à l’écran pour devenir les stars comiques des années  ’30, notamment avec Duck Soup, cette satire désopilante d’un despote de carnaval, qui fut une préfiguration du Dictateur de Chaplin.

L’anarchisme d’Armand Gatti se décline en d’autres termes que celui du trio burlesque. S’est posé à ce résistant, condamné à mort et envoyé en Allemagne, la question de savoir comment il pouvait transmettre sa rage, née de son expérience de forçat du IIIe Reich.

Pour symboliser la cruauté et la perversité nazie, Gatti crée une situation tragique intense. Deux prisonniers d’un camp de concentration, - un Allemand, opposant de la première heure au régime, et un Juif, - sont jetés dans un enclos. Les SS poussent ces camarades à se battre à mort, avec la promesse de la vie sauve au vainqueur. La séquence nocturne où ils sont censés s’entredéchirer est un grand moment de dramaturgie. Au lieu de se haïr, ils finissent par fraterniser. Les deux protagonistes incarnent leur face à face, dans un champ-contrechamp qui dégage une puissance visuelle inouïe.

Ce long métrage demeure un des rares films sur les camps vus de l’intérieur. Une œuvre mythique. 

Au Moyen-Orient, on dirait que ce sont deux peuples qui sont enfermés dans un enclos de l’arène internationale. De fait, objectivement, ils ont aussi tout pour s’entendre. Et on peut se demander si ce ne sont pas de même des peuples autour d’eux qui, faisant miroiter la survie au seul victorieux, les incitent à se haïr, sans empêcher pourtant que pas mal d’entre eux s’estiment et même s’aiment.

 

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