Jeudi 13 décembre 2018 BAT - La revue des écritures théâtrales - Numéro 76 Partager

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Faire peau neuve avec les mots….

:::: Par Marie-Pierre Cattino | paru le 01/04/2014

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Il y a des moments dans la vie qui ne se refusent pas, sans doute, parce qu’ailleurs ça fout le camp, et qu’on ne sait pas bien pourquoi… Là on est sûr, archi sûr, même si à côté c’est le chaos, le bourbier, si les événements s’entassent comme…  Comme quoi ? Bref comme disent les mômes, lâche-toi ! Tu vois, tu mettrais ta tête dans un seau de géant et tu verrais ta vie se dérouler. Ah bon, et comment on s’y prend pour mettre sa tête dans un seau de géant ? Ferme les yeux, dis-toi qu’autour plus rien n’existe. Et tout à coup, il y a des mots qui convolent là, pas loin, tu les toucherais presque… C’est vrai, dans la vraie vie, il y a plus de cons que de mots qui consolent. Il parait que je ne sais pas tellement me servir des mots qui consolent dans mon écriture. J’ai beau essayé mais le naturel revient au galop. Alors moi j’aime quand d’autres me les susurrent. J’aime qu’ils me bercent. Pour commencer, il y a eu ceux de Patrick Modiano.  Je veux dire quand les mots ont commencé à me faire de l’effet. Je n’en croyais pas mes yeux ! Et puis ceux de Jean Genet. C’était beaucoup plus tôt. Entre perversion et poétique. Un mélange de feu et de glace. Je résonnais avec eux. Ce n’était pas qu’une façon de les boire… Il y a eu Jean Rouault et les cartes postales qu’il m’envoyât. Je me souviens : « L’écriture est bonne fille et même si elle fait l’école buissonnière, de temps en temps, elle revient, parfois sous une autre forme, mais elle ne lâche pas. » Le chemin que les mots creusent en nous, cette petite entaille qui devient un lit d’une rivière doucereuse au fil du temps… Parfois, on ne sait plus d’où cela est parti…C’est bizarre, il y a soudain plus de mots qui consolent que de cons qui existent… On se dit : ils sont là, on ouvre le livre et l’obscurité d’une histoire devient une vie… Il y a eu aussi Hector Bianciotti. Oh il y a longtemps… C’est bizarre, je n’ai plus ouvert un de ses livres depuis les années 90. Peut-être m’a-t-il consolée ? Tu sais, j’hésite entre Peter Handke, et Sylvie Germain, cette femme a quelque chose d’étrange qui m’abreuve. J’hésite aussi entre Echenoz et Quignard. Je veux dire que je ne sais pas si dans ma bibliothèque, j’ai plus de Quignard que de Echenoz, que de Germain, que Rouault… Il y en a tellement qui m’accompagnent et ne me lâchent pas. Alors quand je n’écris plus, la fatigue, la maladie, l’angoisse des mauvais jours, il y a tous ceux-là qui me regardent du coin de l’œil et je sais que je m’y remettrai pour eux…
Merde, je n’ai pas parlé d’auteurs dramatiques ! Tu crois que les 320 auteurs vont me tirer la gueule ?
 

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