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Le rire du bourreau

:::: Par Françoise Thyrion | paru le 30/01/2012

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Le rire du bourreau/ Début 2012/ Revue de presse très personnelle, trop affective et peu objective….
Douze années d’écoulées depuis le début de ce siècle et résonne en moi, plus que jamais, le rire féroce des bourreaux du siècle passé. Ceux qui ont torturé jusqu’à la mort et oeuvré à leur extermination des voisins trop gênants comme par exemple les peuples arménien, juif, tutsi, kurde, cambodgien…. Et bien d’autres dont je ne connais pas le nom.
Je reste prisonnière du regard glacé de ce bourreau du régime de Pol Pot  dans l’écran de ma télévision. Il récite des vers de Vigny et dit chercher dans le dictionnaire la définition précise du mot « perversité ». Il évoque avec un sourire attendri  le souvenir de son institutrice à l’école primaire et conserve ce même sourire tout aussi attendri quand il se souvient des châtiments infligés à cette même institutrice.
Le rire du bourreau me traverse.
Je reste prisonnière des yeux pleins de larmes de cette dame africaine dans l’écran de ma télévision. Elle raconte calmement que son bébé, sa sœur et ses neveux ont péri dans l’incendie du boulevard Auriol à Paris. Qui a provoqué cet incendie ? La justice n’a apporté aucune réponse. Elle dit : ils nous traitent, « pire que du bétail ». «A l’entrée du camp, j’étais devenu moins qu’un chien. » raconte Primo Lévi
Le rire du bourreau me traverse.
Je reste prisonnière d’un article lu dans un hebdomadaire. Maurice Bénichou se plaint que les étudiants de Science Po ne s’intéressent pas du tout à ses cours de Culture Générale. Il est pourtant amusant, Maurice Bénichou, il est populaire, il a été chroniqueur chez Laurent Ruquier. Les étudiants de Science Po trouvent bien inutile à leur plan de carrière, de relire Victor Hugo, Emile Zola ou Arthur Rimbaud.  
Et je repense au bourreau du régime de Pol Pot qui récitait quelques vers de Vigny, qui feuilletait le dictionnaire pour trouver la définition précise du mot « perversité » et qui avec un sourire attendri, se souvenait des hurlements de son institutrice quand on lui arrachait les ongles.
Le rire du bourreau me traverse.

 

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