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Mille trois cent. Slam.

:::: Par Miguel Angel Sevilla | paru le 08/03/2012

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J’étais comme les arbres
Qui boivent la rosée
Debout à faire la queue
Pour un petit boulot
On était mille trois cent
J’étais l’avant dernier
Le dernier était un mec
Qui était en fin de droits
Il m’a dit je m’en fous
Je te cède la place
J’étais l’avant-dernier
Mais j’ai perdu l’espoir
Je lui ai dit tu as tort
Il faut jamais la perdre
Il m’a dit Je t’en prie
Me fait pas la morale
On dirait un slameur
Qui prêche dans les bars
Et t’explique, peinard
La vie du capital
Et comment qu’on t’exploite
Qu’on te suce le sang
Pendant que tu t’esquintes
A travailler au noir
Je lui ai dit Justement
Faut bien que quelqu’un parle
Le silence autrement
Serait notre cercueil
On mourrait enterrés
Dans nos sacs à bidoche
Avec nos bouches closes
En forme de poignée   
Par contre si on en parle
A Culture Rapide
Ou rue d’Affre, au Xango
Ou bien au Gobe-Lune …
Oubli pas le Down town
L’Atelier du Plateau
Et le bar La Réunion
A ajouté le vieux
Je suis un slameur
Je slame ou je meurs
En tant que fin de droits
Je me moque de tout
Mais pas réactionnaire
Jamais de l’ennemi  
Je slame à Gergy  
Au bar La Tharanga
De la place Clichy
Au bar La Milonga
De Fontenay sous Bois
Au Moulin à Café
Et avant à Canopy
En tant que fin de droits
J’ai du temps à revendre
Quand je travaille au noir  
Je le fais à mi-temps
Je décharge à la Mouffe
Des cageots de légumes
Et un Rital me file
Des pommes cabossées
J’en fais de la confiote
Vraiment très bon marché
Qu’un Argentin revend
Et moi je me vends pas
Tu vois la vie d’artiste
M’a rendu délicat
Et vivre sans espoir
Me rends extra lucide
J’aime pas, tu peux me croire
M’assoir pour espérer !
Il m’a tourné le dos
Et l’a bouffé la nuit
C’était à Saint-Denis
La nuit était tombée
J’ai attendu dix jours
C’était couru d’avance
Il leur fallait six mecs
On était mille trois cent !
 


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