Mardi 25 juin 2019 BAT - La revue des écritures théâtrales - Numéro 76 Partager

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Déjà, il y a deux ans.../L'été en automne

:::: Par Alberto Lombardo | paru le 31/12/2014

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Déjà, il y a deux ans à Nouzonville, je m’étais pris au jeu, par sympathie, par désir aussi, alors que personne ne m’avait rien demandé. J’étais là, auteur parmi tant d’autres, à savourer le plaisir d’entendre un de mes textes écrit spécialement pour l’occasion. Je ne me souviens plus du thème d’alors, à vrai dire je ne me souviens pas grand-chose en général. Je voyais Sabrina, seule, dans la cuisine, en train de nous préparer ses bons petits plats. Je me suis dit que moi aussi j’avais envie d’apporter un peu d’amour, à ma façon, à tous ces auteurs égoïstes, égocentrés, nombrilistes, infectes, imbuvables… S’ils mangent meilleurs, ils deviendront peut-être plus humains. J’ai donc proposé à Sabrina de l’aider. A deux c’est mieux !!! Cela me rappelait les repas que j’avais l’habitude de préparer pour mes fées (créatures issues d’un mouvement hippie dont je fais partie. J’en parlerai dans le prochain BAT). Quand on cuisine pour les fées, même si c’est pas trop bon, on est toujours récompensé par des bruits de fourchettes frappées sur le bords des assiettes. Signe qu’elles trouvent ton met délicieux. En fait c’est jamais mauvais, car c’est toujours préparé avec le coeur. Et je voulais offrir la même chose à ces ingrats auteurs. Quelle ne fut pas ma surprise quand un soir, alors que nous avions préparé avec Sabrina un plat dont je n’ai aucun souvenir (cf plus haut) d’entendre une salve d’applaudissements provenant de ces auteurs magnifiques, généreux, humains, altruistes.

Si bien que lorsque Didier m’a proposé cette année de faire partie de l’équipe d’organisation de l’Eté en Automne à Chaumont, j’en ai été fort ravi.

Plus que la préparation des repas avec Sabrina, une femme délicieuse, toute de pudeur et de sauvagerie qui damnerait un pédé patenté, il me fallait m’occuper aussi de l’achat de la nourriture et de l’organisation des lectures, sans oublier que j’avais mon propre spectacle à préparer et à représenter et que je devais jouer dans Danse avec les auteurs, pour la première fois.

Pour les repas ce fut assez simple, j’ai cette capacité d’anticiper et d’évaluer. Chez les fées nous sommes parfois 80, donc 40 auteurs à côté, excusez, mais c’est plutôt de la tarte.

Pour les deux spectacles, ma foi, j’ai laissé Sabrina seule en cuisine et elle a assuré comme une reine, comme toujours.

Pour l’organisation des lectures, c’était plus délicat. Il y avait des journées où le programme prévoyait un nombre incalculable de lectures. Et dans ces cas-là, l’attention et les intentions de chacun perdaient fatalement de leur dynamisme. Sans compter qu’il fallait trouver le temps nécessaire pour réunir les lecteurs (merveilleux auteurs qui se sont prêtés au jeu de lecteurs, parmi les plus assidus, je peux citer Gilles et Viviane Boulan, Jean-Pierre et Monique Thiercelin, Michel Beretti, Catherine Tullat, Corinne Klomp et tant d’autres). Difficile pour un auteur de lire une pièce qui n’est pas la sienne de façon objective, sans montrer ses sentiments ou ses préjugés? Il faudrait le demander à chacun. Le plus souvent, nous avons su trouver cette sagesse de nous laisser traverser par nos âmes d’enfants et de ne faire ressortir que le plaisir de transmettre, d’être les passeurs des textes de nos camarades auteurs.

Et quel bonheur enfin, de lire à chaud les textes des auteurs qui devaient écrire sur place un texte sur un thème élaboré par Didier. L’auteur, livré à lui-même, qui n’a que deux heure pour pondre sa création. C’est dans ces challenges-là qu’on reconnait le style propre à chaque auteur, qu’il nous laisse pénétrer sans retenu dans son univers, qu’il nous livre son âme d’enfant, qui l’accompagne à jamais.

Merci à toutes ces âmes d’avoir partagé, accompli, aimé, promis vous aurez droit encore une fois à notre velouté aux champignons.

Bons baisers d’un auteur-fée,

Alberto (Faedra)


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