Mercredi 12 décembre 2018 BAT - La revue des écritures théâtrales - Numéro 76 Partager

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Réunion d’auteurs et de traducteurs à Prishtina (Kosovo)

:::: Par Gilles Boulan | paru le 28/05/2014

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Fragments d'un journal de voyage

 

Lundi 12 mai 2014

Vaste aéroport vide, récemment reconstruit mais pratiquement désert, paysage immobile derrière les larges baies vitrées : les premières impressions de notre arrivée à Prishtina sont surtout associées à des images hivernales de froid et de grisaille. Rien à voir avec l'humeur pimpante de l'aéroport de Ljubljana où nous avons fait une escale en survolant de jolies montagnes coquettement enneigées, de vertes forêts de sapin et de paisibles villages aux allures tyroliennes de maquettes pour train miniature. Ici, sans s'affirmer, sans véritable signe tangible, le souvenir de la guerre s'impose dans nos esprits comme une sorte d'évidence. Est-ce le fait du silence de ces campagnes dormantes ? De ces parkings sans véhicules sous ce ciel anthracite ? Ou encore de cette pluie dont on pressent alors qu'elle ne nous lâchera pas ?

Il y a là, dans le grand hall, à siroter le énième café d'une longue journée de voyage, Neda, la coordinatrice du comité ukrainien, Zohar, le responsable du comité hébreu, Dominique et moi-même. Tous quatre atterris de Paris. Et nous parlons, bien entendu,  de la situation en Ukraine et des récents massacres qui nous inquiètent les uns les autres à des degrés bien différents. Et à ce moment-là, le théâtre, les questions de théâtre et de dramaturgie semblent bien loin de nos esprits.

Sous une averse très dense, coincés dans les embouteillages, notre arrivée en ville n'est guère plus réjouissante en raison de la lumière et de la traversée des zones périurbaines. La ville déborde ses limites, elle prolifère sans autre souci d'urbanisme et de respect de l'ancien. Elle se répand anarchiquement en immeubles disgracieux et en chantiers qui éventrent la montagne. Quelques vieilles maisons demeurent, écrasées dans le tissu urbain, avec toute leur fragilité de masures en briques sèches et leurs toitures de tuile gondolées. Dérisoire résistance contre l'invasion verticale du béton. D'autres spectres résistent beaucoup mieux en dépit des fissures qui altèrent leurs façades. Ce sont les édifices de l'époque socialiste comme le monumental palais des sports qui domine toute la capitale du haut de son agora. Acropole symbolique à la gloire des champions.

Le Grand Hôtel où nous résidons fait également partie du lot avec ses imposants treize étages et ses prétentions défraichies d'établissement à cinq étoiles, comme un tragique paquebot fantôme qui se serait échoué-là avec son équipage d'anciens commissaires politiques reconvertis dans l'industrie touristique du sourire obligé. Malgré les formes affichées, l'accueil est à la mesure de la température des lieux : du hall de réception, sinistre, meublé de massif, des vastes foyers sombres où se fomentaient hier les intrigues du régime et des couloirs interminables flanqués de portes austères qu'on est un peu inquiet de pousser. Même lorsqu'il s'agit de sa propre chambre. Chambre dont  il n'y a rien a redire tant elle n'existe pas, ce qui semble une constante de la plupart des chambres d'hôtel. On s'accommodera sans problème du bureau fonctionnel en solide pin vernis, de la literie tout a fait correcte, de la salle de bain où tout fonctionne. Et, bien sûr, de la vue urbaine sur l'avenue Mère Térésa dont la partie piétonne commence juste sous sa fenêtre. Quant au téléviseur qui dort au pied du lit, il restera débranché.

 

Mardi 13 mai 2014

L'ambiance du petit déjeuner n'est guère plus rassurante que le mutisme de la serveuse et les mines peu avenantes de trois ou quatre messieurs en costume démodé qui empestent la partie fumeur de la salle. Tandis que la télévision crachote des actualités albanaises et des images de foot noyées dans un brouillard de neige électronique. Parce qu'on a un peu faim ou parce qu'on est docile, curieux ou désespérément poli, on avale le contenu de l'assiette posée devant soi sans trop se poser de questions sur sa composition et son équilibre diététique. Omelette huileuse, saucisson non identifié, viande séchée archi sèche comme les célèbres chaussettes, fromage caoutchouteux, rondelles croquantes de concombre. Le tout suivi d'une crémeuse pâtisserie qu'on n'espérait pas vraiment.

Pour cette première journée libre, Anne-Marie, la traductrice des textes de Jeton Neziraj, s'est proposée de nous faire visiter la ville. Elle se présente à dix heures pétantes, munie de son parapluie et de son énergie débordante. C'est une autre ville que l'on découvre en remontant l'avenue Mère Térésa avec ses boutiques de mode, ses terrasses de bistrot, ses hôtels plus pimpants que le nôtre. L'hyper-centre moderne de la ville troué par cette large artère piétonnière, chaussée de pavés chinois (soupçonnés d'être radioactifs.) Tout au long de la chaussée, s'alignent des petits étals marchands parmi lesquels des bouquinistes en nombre respectable. En raison des intempéries, durant notre bref séjour, les petits vendeurs de parapluie feront de bien meilleures affaires que leurs confrères marchands de glace ou de lunettes de soleil. 

Une foule importante y circule au pas tranquille de la promenade et un timide rayon de soleil se pose sur les étals de fleurs et de confiseries au miel. On croise surtout beaucoup de jeunes gens et les collégiennes se distinguent grâce à leur jupe plissée à carreaux noirs et blancs, uniforme de l'école, portée par dessus leurs jeans. On ne peut que constater, sans vraiment y prendre garde, qu'on ne rencontre pas un seul arabe, un seul black, un seul asiatique... mais pas non plus une femme voilée ce qui paraît plus étonnant dans un pays à majorité musulmane.

Sur les grilles d'un jardin au pied du building de verre des télécommunications, s'affichent les photos des hommes et des femmes disparus au moment de la guerre, assassinés ou déportés. Ce discret mémorial fait face à la statue en bronze d'Ibrahim Rugova, le premier président du Kosovo indépendant, dont l'expression modeste  de Gandhi des Balkans épargne au monument la prétention martiale de ce genre d'édifice.

Deux ou trois vieilles mosquées à l'architecture rigoureuse et quelques belles maisons anciennes constituent les principales curiosités touristiques de la ville. Un marché très vivant et les boutiques de filigranes (les bijoux en argent ciselé) complètent notre flânerie matinale. Laquelle s'achève au terme d'une pérégrination dans un dédale de ruelles étroites au musée ethnographique judicieusement hébergé dans une grande demeure ottomane entourée d'un joli jardin. Musée qui se visite en quittant ses chaussures et en portant des mules. Les collections d'objets usuels et de costumes folkloriques s'y distribuent harmonieusement entre les espaces domestiques et les chambres aux boiseries richement travaillées, en une discrète évocation de la vie quotidienne. La pièce la plus intéressante est sans conteste le çardak, une salle de réception vitrée à l'image d'une véranda (ou un balcon couvert). Banquettes et tapis en constituent le seul mobilier et on y imagine les hommes, coiffés du fez traditionnel et assis en tailleur, en train de boire un thé ou de téter le narguilé.

Après un déjeuner plutôt roboratif, le cimetière juif de Prishtina nous offre l'opportunité d'un instant privilégié de paix digestive. Situé sur une colline, à l'écart d'un quartier de petites résidences, il domine toute la ville. Zohar nous a proposé des kippas pour le visiter tête couverte, ce que nous acceptons de bonne grâce. Les tombes de marbre blanc, gravées de caractères hébreux, s'alignent de place en place au milieu de la végétation basse. Aucun autre monument que ces pierres blanches couchées parmi les herbes folles et les fleurs des champs. Bleu pâle des centaurées, jaune d’or des ficaires et rose fané des hellébores. Après une lente exploration de ce cimetière dormant, Zohar suggère de dire une prière des morts. Pas le kaddish réservé aux proches endeuillés mais une prière plus générale à l'intention de tous les morts. En hébreu, cela va sans dire. Et nous l'écoutons en silence, sinon religieusement, sur cette paisible colline où le vent s'est soudain levé, menaçant de nous décoiffer et de faire envoler nos kippas. C'est un moment très émouvant dont nous apprécions tous le caractère "sacré". A la sortie du cimetière, Zohar nous lave les mains en signe de purification.

Soirée consacrée à la culture officielle et à la représentation de Mort d'un commis voyageur au Théâtre national kosovar. Tout le gratin de la capitale est au rendez-vous de la première, y compris, semble-t’il, la Présidente du Kosovo et son aréopage (conjugal et musclé) réduit à la plus simple expression. Toilettes et morgue de circonstances s'affichent dans le hall et une équipe de vidéo immortalise l'événement. On identifie sans problème la faune des gens de théâtre qui ne portent pas l'habit et les mondaines de tous âges qui font scintiller leurs breloques sur de sages décolletés. Cela étant, il faut bien admettre que la salle n'est qu'à moitié pleine.

Le spectacle en lui-même est vraiment sans surprise. Long, académique, ennuyeux, sans véritable idée de mise en scène. Mais plutôt bien défendu par des comédiens engagés et expérimentés. Le fait de l'entendre en albanais, rend la pièce encore plus bavarde et assez difficile à suivre malgré ses souvenirs de lecture. On reconnaît au passage quelques scènes mémorables comme le licenciement de Willy ou son accident de voiture, le seul effet un peu spectaculaire du spectacle. Mais il est vraiment impossible de faire la juste part des choses entre les événements réels et les épisodes fantasmés par Willy. Malgré tout son talent, le comédien qui l’interprète ne parvient pas à faire oublier la folie de Dustin Hoffman dans le film de Volker Schlöndorff.

Le moment le plus surprenant de la représentation reste encore le salut qui réunit l'ensemble de la production : acteurs, metteur en scène et autres directeurs du théâtre. ou assistants de directeur (impossible de savoir !). S'y  ajoutent trois ou quatre jeunes hôtesses en jupe noire et corsage blanc chargées d'offrir des bouquets aux actrices selon un protocole qui évoque l'époque soviétique.  Tout cela devant un public debout malgré le peu d'enthousiasme soulevé par les applaudissements. Le spectacle est suivi d'un cocktail où le cidre de poire kosovar et le raki de coing s'offrent à notre dégustation.

C'est dans le hall de ce théâtre que nous faisons la connaissance d'Andréas, responsable du comité grec, d'Hakan le coordinateur turc et d'Ulrike venue d'Allemagne, tous trois auteurs et traducteurs de l'anglais vers leurs langues respectives. La soirée se poursuit, loin des mondanités, dans un petit bistrot ouvrier où nous conduit Agim, un des régisseurs du théâtre.

 

Mercredi 14 mai 2014

Le Qendra Multimedia, lieu culturel indépendant que dirige Jeton Neziraj, se trouve au rez-de-chaussée d'une grande barre d'immeubles datant de l'ère socialiste. Ici, à dix minutes à pied de l'hôtel, on n'est plus dans le centre ville et les façades sont délabrées, les trottoirs négligés, le soin porté à l’environnement comme au confort des habitants,  éloigné des urgences de la reconstruction. Les marches de la passerelle qui enjambe la route sont partiellement brisées, les nids de poule creusent la chaussée, de grandes flaques s'y installent, alimentées par la pluie incessante et dans les passages souterrains qui traversent les immeubles des courants d'air humide chahutent les passants. Mais tout autour, fleurissent de nombreux petits bistrots et des établissements de restauration rapide qui rendent le quartier très vivant. Et finalement on s’y sent bien.

Le théâtre en lui-même est plutôt accueillant : un hall d'accueil très clair et bien entretenu, un espace de bureau qui permet de travailler même si pour y accéder il convient de baisser la tête en passant sous une canalisation. Mais les principales qualités du lieu résident essentiellement dans la générosité et la bienveillance amusée de Jeton ainsi que dans les potentialités qu'offre la salle de spectacle avec ses hauts plafonds et ses dimensions suffisantes pour accueillir des petites formes, des lectures et accessoirement, des rencontres d'auteurs et de traducteurs.

Durant les trois journées que nous y passerons, l'ensemble des échanges se fera en anglais ou en "globish" selon les cas. Un exercice très exigeant pour un artisan besogneux de la langue et médiocrement anglophone mais dont les autres partenaires s'acquittent avec un naturel et un rythme de parole pour le moins confondant. Bref,  je me sens invalidé, un peu comme si je venais de perdre l'usage provisoire de mes jambes lors d'une chute de vélo. Après un rapide tour de table où chacun se présente dans la langue de Shakespeare (qui se bouche les oreilles pour ne pas entendre mes erreurs) le programme de la matinée est consacré à la présentation des règles et au fonctionnement du réseau, histoire d'éclaircir quelques points de détail qui peuvent rester obscurs pour les uns et les autres. L'après-midi sera consacrée à la présentation des textes sélectionnés par les comités.

Autour de la table, le nombre des auteurs-traducteurs et des ordinateurs portables ne cesse de s'accroître tout comme le nombre des nations européennes représentées. En plus des coordinateurs déjà mentionnés dans ce journal, s'ajoutent Gergana pour le comité bulgare, Jonathan pour le comité anglophone et le réseau The Fence, Kim pour le comité slovène et, bien évidemment, Jeton qui représente aussi le comité albanais.  D'autres visiteurs occasionnels se mêlent à nos travaux : un auteur albanais, le coordinateur du comité rromani, quelques comédiens et écrivains kosovars. La journée est très dense  et l'échange passionnant. Mais ma compréhension se limite à quatre-vingt pour cent des propos entendus et, c'est un euphémisme, je demeure très économe dans mes interventions.

En soirée, histoire de se vider la tête, nous sommes conviés au vernissage officiel d'une installation qui traite de la maltraitance des femmes et les crimes sexuels commis durant la guerre, vus par une plasticienne (ou une vidéaste). Grosses voitures noires aux vitres fumées dans la cour du Musée National, cohue officielle, pince-fesses. La foule empêche d'accéder aux œuvres dont on ne voit pas grand-chose et les discours s'enchaînent. En anglais et en albanais. Aïe aïe aïe ! J'ai mal à la tête et ce n'est pas du tout la faute du vin monténégrin.

 

Jeudi 15 mai 2014

Même cadre, même activité, mêmes partenaires que la veille. Avec la poursuite de nos réflexions concernant le fonctionnement du réseau Eurodram et les actions à mettre en place pour son élargissement, sa communication et ses prochains meetings. Après une intervention de chacun des coordinateurs sur les aspects les plus remarquables de leur dramaturgie nationale et de ses outils les plus divers tant en matière de traduction, de promotion des pièces, de financement de résidence... une large écoute est faite à la présentation du théâtre albanais ainsi qu'à celle plus inédite de la culture et de la nation sans terre  rromani.

En soirée, à l'Oda Théâtre, sous l'agora du palais des sports et près du stade de foot, nous assistons à la représentation d'une pièce récente de Jeton : Peer Gynt from Kosovo. Adaptation très libre du grand drame d'Henrik Ibsen, elle raconte les déboires d'un jeune homme kosovar qui tente d'émigrer en Suède puis en Allemagne. Mais sous des prétextes similaires, aucun de deux pays ne daigne lui accorder son titre de séjour tout en le retenant en prison pour un délai assez mineur.  La pièce est interprétée en anglais (et surtitrée en albanais) par une actrice et trois acteurs de nationalités distinctes (Albanie, Kosovo, Suède, Allemagne) avec des productions et des dates de tournée dans chacun de ces pays. Elle est vive, amusante et on ne s'ennuie pas, tant les acteurs s'amusent et y jettent toute leur énergie avec une belle complicité. Forme radicale : le décor se compose de quelques caisses de bière et de laine à matelas qui se transforme au gré du jeu en perruque, en moustaches ou en d'autres accessoires beaucoup plus étonnants. Et le succès est là, la critique satisfaite, Jeton souriant. 

Devant l'entrée du théâtre, nous conversons longuement avec Jonathan, Andréas et un jeune comédien australien qui vit à Budapest. Les tribunes vides du stade écoutent discrètement nos échanges : il n'y a pas que le foot pour comprendre que le monde est petit.

 

Vendredi 16 mai 2014

En raison de la soirée de la veille et de la fatigue accumulée, le début de la réunion a été retardé à dix heures du matin. Je profite de l'occasion pour aller voler quelques clichés sur le chemin du Qendra : de l'Université et de sa curieuse bibliothèque, de la cathédrale Mère Teresa dont les travaux de construction sont suspendus depuis quelques temps, du boulevard Bill Clinton, du quartier du théâtre...

Les visages sont un peu tirés mais l'enthousiasme de Jonathan et son débit très volubile réveillent l'auditoire avec une efficacité égale à celle des macchiattos (cafés à la crème de lait fouettée à la vapeur) servis à demeure par le serveur du petit bar voisin. Aujourd'hui, nous parlons du Fence, un réseau informel d'auteurs et d'artistes du théâtre dont il est le créateur. Plusieurs des coordinateurs appartiennent déjà au réseau et se sont rencontrés à New York, à Manheim ou en Nouvelle Angleterre  lors de ses précédents meetings. Le caractère complémentaire de Fence et d'Eurodram semble une évidence et l'objet de la réunion est d'imaginer des passerelles, des axes de coopération, des échanges d'information voire des actions communes.

L'après midi est libre mais courte, consacrée à la rédaction de quelques mails et à la lecture d’une pièce. Mais il est déjà l'heure de se glisser sous la douche pour retourner au Quendra et à l'inauguration du festival Polip, manifestation littéraire mise en place par Jeton. Lectures d'extraits de romans et de poèmes par plusieurs auteurs des Balkans dans leur langue respective accompagnée de présentations en anglais. Le buffet est moins prestigieux et moins sophistiqué qu'au Théâtre national  mais beaucoup plus décontracté et les assiettes de chips et de biscuits font bon ménage avec les bières locales ou le raki.

La soirée se poursuit avec le concert d'une jeune chanteuse de Prishtina au répertoire international varié, à la voix agréable et sûre, très à l'aise sur le plateau. Une belle ambiance festive, indispensable récréation après tous ces échanges verbaux. Et dans la communication de la danse, réunissant des citoyens de tous ces pays différents, se dessine l'image joyeuse d'une Europe pour laquelle on aimerait voter contre celle que nous préparent les techniciens de Bruxelles et les apparatchiks de Strasbourg.

 

Samedi 17 mai 2014

Tout change sous le soleil. Même timide, même voilé de nébulosités  dont on ne sait pas encore si elles se dissiperont. Dans la voiture qui nous conduit à l'aéroport, nous ne sommes plus que deux passagers. Neda s'est rendue au Monténegro pour la création d'une de ses pièces et Zohar est resté pour une ou deux journées supplémentaires à Pristhina.

La campagne semble moins monotone à travers le pare-brise. Au lointain,  des collines brisent l'horizon encombré de nuages gris et les toits rouges des habitations rurales contrastent avec le vert tendre des cultures et le jaune d'or des champs de colza. Ici et là, les hautes flèches blanches des minarets s'élancent à côté des villages. La zone péri-urbaine est bien moins triste qu'à l'arrivée, l'aérogare beaucoup plus animé, les parkings occupés. Les spectres imaginés de la guerre se sont dissous dans le printemps et la chaleur de ces rencontres dont le souvenir nous accompagne. Et sur le bord des routes, les coquelicots commencent à fleurir.


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haut de Nicole Desjardins - posté le 17 06 2014

Bonjour Gilles,
Je fais partie du (jeune) comité allemand d'Eurodram et suis la correspondante à Paris d'Ulrike. Je n'ai malheureusement pas pu me déplacer à Prishtina mais j'avais déjà pu lire le compte-rendu de Ulrike. Merci pour ce journal de voyage qui adoucit ma frustration de ne pas y être allée.
Cordialement.

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