Samedi 20 octobre 2018 BAT - La revue des écritures théâtrales - Numéro 76 Partager

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Le slam du retraité

:::: Par Miguel Angel Sevilla | paru le 20/10/2013

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Et les rêves venaient

Me manger à la main

On eût dit des oiseaux

Venus pour picorer

La graine de mes vers

On eût dit des silences

Bleuis par le soleil

Brûlés par le cagnard

Cramés super cramés

Par un autre silence

Plus rouge que le feu

On eût dit un aveuglant

Espèce de soleil

On eût dit que mes yeux

N’étaient que du charbon

Pas aveugles, brûlés

Et donc de la cendre

Et du charbon cramé

Car la cendre c’est ça

Du charbon qui a brûlé

Ainsi étaient mes yeux

Je ne voyais plus rien

Et les rêves venaient

Me manger dans les mains

En rêve ou pour de vrai

J’étais à Pyramides

J’étais aussi au Louvre

A Havre-Caumartin

Et je faisais la manche

En tant qu’aveugle-né

Et les oiseaux du rêve

Me caressaient les yeux

Et mes yeux d’être aveugles

M’aidaient à bien manger

Car je suis retraité

Et du fait que je n’ai pas

Disons mes annuités

Je ne mange pas souvent

Et du coup j’ai parfois

La tête hallucinée

Et je vois des mirages

Etant donné mon vieux

Que je me trouve au large

D’une vie de salarié

Et les oiseaux du ciel

Me mangent dans les mains

Et ceux du capital

Me lacèrent les yeux

Ainsi à Caumartin

A Porte de Pantin

Au Louvre, à Chatelet

Je mendie bien souvent

Et grâce à mes yeux

Brûlés donc, cramés

Je me démerde un peu 

Je mange à ma faim

Malgré mes annuités


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