Samedi 20 octobre 2018 BAT - La revue des écritures théâtrales - Numéro 76 Partager

Exposition en
mai 2015

Nos champs de solitude

image

hautEn savoir plus
...

image
Nos partenaires

Vos papiers !

La ville lumière

:::: Par Miguel Angel Sevilla | paru le 01/07/2013

Miguel35711.jpg

La ville lumière

Je la trouve sombre

Un peu acajou

Et le jour aussi

Je le trouve sombre

Et en plus de sombre

Disons plutôt gris

Et la vie aussi

Et le temps qui passe

Et le temps qui reste

C’est vraiment chiant

Cette obscurité

Qui envahit la ville

Même à Belleville

Le ciel est tout bas

Et à Montparnasse

Je t’en parle pas

Et à La Chapelle

C’est du gris sur gris

Alors chaque nuit

Je sors et je traîne

Je vois la lumière

Vaciller sur l’eau

Du canal de l’Ourcq

Et puis dans la Seine

Près de Saint Michel

Où il y a eu des morts

D’après ce qu’on dit

Des hommes noyés

Au milieu des cris

« Vive l’Algérie »

Ou dans le silence

Qui règne de nuit

Je la vois luire

L’étrange lumière

On dirait parfois

Comme des bougies

Tellement il y en a

Tellement elles vacillent

Tellement elles tremblotent

Petites loupiotes

Dans l’obscurité

Et je suis les quais

Je vais vers Jussieu

Là-bas sous les ponts

Des hommes roupillent

Ce sont des Indiens

D’un monde ancien

Ce sont les nouveaux

Indiens de ce monde

Il y a un mec

Qui fait du café

Sur un grand réchaud

Vétuste et rouillé

Je vois la lumière

Bleue de sa misère

J’écris mon slam

Un peu comme on pleure

Je rentre chez moi

Par un boulevard

Et je vois une fille

Vêtue de cristal

Ou à poil vraiment

Vêtue de son corps

Un corps vraiment beau

Et au Jardin de Plantes

On saute les grilles

Pour pouvoir s’aimer

 


haut Réagissez à cette contribution...

hautHaut de page

 

Mentions légales

©Le Billet des Auteurs de Théâtre 2011

Le collectif

Contact

Revue réalisée avec le concours du
Centre national du Livre