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Emma

:::: Par Miguel Angel Sevilla | paru le 21/03/2013

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Elle s’appelait Emma dans la Résistance, elle était née dans le Jura. Comme elle faisait partie du réseau de Résistance des P.T.T. de Beaucoudray et Saint-Lô, elle est associée dans le souvenir local au groupe de onze Résistants fusillés par les allemands à Beaucoudray, à quelques kilomètres de Tessy-Sur-Vire, le 15 juin 1944. Leur chef, René Crouzeau, avait dit la veille à ceux qui l’interrogeaient : « Nous sommes contre vous ».

Emma devait beaucoup aimer la littérature. Avant de prendre définitivement  « Emma » comme nom de guerre, elle avait choisi « Mademoiselle Flaubert ».

Son nom est Simone Michel-Levy. Elle fut arrêtée par la Gestapo au 24 de la rue Bertrand, à son bureau des P.T.T. à Paris, le 5 novembre 1943 et conduite à la prison de Fresnes. De Fresnes elle fut envoyée au dépôt de Royallieu près de Compiègne, et de là à Ravensbrück le 30 janvier 1944. Le premier septembre 1944 elle faisait partie des six cents soixante-et-une femmes déportés qui arrivèrent à Flossenbürg, en Bavière, dans le Haut-Palatinat. Condamnée à mort pour sabotage, Emma y fut pendue le 13 avril 1945.

La veille de son exécution elle écrivit à sa mère : « Ne pleurez pas, c’est un ordre. Ne soyez pas tristes. Moi je ne le suis pas. Mon cœur est calme autant que mon esprit. Dans ma petite cellule j’interroge le ciel, je pense à tout ce qui est beau, à tout ce qui est clair ».

Le premier jour où je suis allé à la bibliothèque de Tessy-Sur-Vire, au cours de ma résidence d’écriture à L’Usine Utopik, en mai 2010, on m’a tout de suite parlé d’Emma.  Deux femmes, plus exactement, m’en ont parlé.

Et aujourd’hui je me souviens d’une affirmation de Gustave Flaubert que j’ai lu il y a longtemps : « En France, il y a plus de cent villages où pleure Emma Bovary ».

 

-En relisant ce texte je veux le dédier aussi à mère, dont le prénom était Francisca-Emma.

(MAS. Extrait de L’eau, l’autre et la guerre)


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