Mercredi 12 décembre 2018 BAT - La revue des écritures théâtrales - Numéro 76 Partager

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Station Opéra

:::: Par Miguel Angel Sevilla | paru le 19/11/2012

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Tout y est, le silence

M’a mis comme à genoux

Je suis couvert de poux

Je pleure comme on pense

L’amour m’a délaissé

Et pire, je n’ai personne

Qui m’offre un toit de chaume

Qui parle de mes vers

Je pleure comme on meurt

Je pense comme on rit

Et la nuit me meurtri

De ses étoiles blanches

Au loin dans le silence

Il y a je crois ma mère

Je pense comme on meurt

Et meurs sans y penser

Mon sac de couchage

S’est recouvert d’écailles

Je crève aux alentours

D’un grand supermarché

Ni les yeux pour pleurer

Mon sac de couchage

Tout recouvert d’écailles

S’étire sur le trottoir

La pieuvre de l’aumône

M’enfonce dans la vase

Ce n’est pas que je pense

Je n’ai pas de pensée

La nuit est à mes pieds

L’aurore dans mes bras

Le silence me porte

Je flotte sur la ville

Très loin de moi, de vous

Je suis comme un mystère

Je meurs d’être en vie

Et j’y suis, souvenance

Celui-là qui t’habite

Dans le creux de mes bras

Je porte un enfant mort

Moi-même dans l’effort

De te parler de moi


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