Lundi 23 octobre 2017 BAT - La revue des écritures théâtrales - Numéro 76 Partager

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Présence de la Femme dans la Dramaturgie française.

:::: Par Eduardo Manet | paru le 01/04/2015

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Je suis arrivé à Paris, pour la première fois, au début des années cinquante du vingtième siècle. En ce moment, le théâtre en France était représenté presque exclusivement par des auteurs au masculin. Les morts et les vivants. Et, quand un théâtre programmait une oeuvre de Nathalie Sarraute ou de Marguerite Duras, le fait constituait un événement artistique et mondain qui ne passait jamais inaperçu. Vous imaginez ?  Une pièce de théâtre écrite par une femme !!!

Beaucoup d’eau a coulé sous le Pont Neuf depuis cette époque de mon initiation parisienne.

A présent, au cours de nos assemblées à la Maison des Auteurs de la SACD, je regarde la salle occupée par les membres de notre association EAT et je me demande…

Où en est de « la parité » entre hommes et femmes quand il s’agit de la Dramaturgie actuelle en France ?

Pendant des siècles, la Femme au théâtre était surtout l’Actrice. Une présence. Un tempérament. Une Voix.

Marcel Proust et Gabriele d’Annunzio ont parlé avec pertinence de « la Voix d’Eleonora Duse », « la Voix de Sarah Bernhardt »…

Et, soudain, un jour, « les Voix » ont eu envie de montrer qu’elles avaient aussi un cerveau, une sensibilité, et, très souvent, une intelligence plus fine que celle des « mâles ».

Je lis souvent les textes de mes camarades femmes. Et je rêve parfois de faire une double anthologie de, par exemple, 20 textes d’auteurs et 20 textes d’auteures. Sans indiquer des noms. Diviser la Dramaturgie en « masculin et féminin » est sûrement une idée idiote. Je le sais.

Et, pourtant…

L’anecdote dit que, Flaubert, furieux qu’on lui demande tout le temps « Qui est Madame Bovary ? », avait fini un jour par hurler : « Bovary c’est moi ! ». Et, certes, il y a beaucoup de Gustave F. chez Emma B.

De son côté, Federico Garcia Lorca aurait pu dire à son tour :

« Yo soy Yeerma ! » « Yerma c’est moi ! »

Le ventre sec qui rêvait d’un enfant.

La Littérature universelle regorge d’écrivains capables de décrire, parler, interpréter, montrer, scalper la figure de la Femme.

Et, pourtant…

La Femme apporte à son écriture ce p’tit plus qu’aucun homme est capable de donner pleinement. Un souffle, une étincelle, un je-ne-sais-quoi qui me fascine depuis mon adolescence.

C’est donc « normal » que pour ce numéro de la belle revue BAT (dont j’ai l’honneur d’être le rédacteur chef invité), je demande la collaboration de quatre collègues auteurES : Louise Doutreligne, Nicole Sigal, Lise Martin et Virginie Paoli.

Je vous connais, Mesdames, j’ai lu vos œuvres, et, vous savez que je   vous admire. Comme femmes, comme amies, comme écrivaines.

J’aimerais aussi rappeler que Virginie Paoli en proposant que les auteurs/auteures lisent un texte de dix minutes dans son minuscule théâtre La Petite Loge provoque, à sa manière, une petite révolution.

C’est justement, au cours de la première soirée de La Petite Loge que j’ai rencontré (coup de chance pour moi) deux camarades de grande qualité : Delphine Gustau et Nathanaelle Viaux.

Et, un jour, je me suis permis de répéter à mes deux nouvelles amies la phrase sublime de Martin Luther King.

« I have a dream »

Mon rêve à moi : écrire ensemble un texte « Portrait cubiste d’une jeune femme française ».

Regardez la télévision, écoutez la radio, lisez les journaux : l’image de la jeune femme française est écrasée sous une montagne des clichés de plus en plus nuls.

Qu’est-ce que c’est « La Parisienne » de nos jours ?

Delphine et Nathanaelle ont la parole.

J’aurai l’immense joie de les accompagner dans cette aventure artistique.

Mes remerciements à vous toutes, Mesdames.

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